
Beaucoup trop d'arsenic dans les eaux proches des anciennes mines de Saint-Yrieix
Il y a encore beaucoup trop d'arsenic dans les eaux proches des anciennes mines de Saint-Yrieix, selon Amandine Barascut. La présidente du Comité citoyen pour une information indépendante demande à présent une étude de l'Etat.
Emission d'Ici matin Limousin diffusée le 02 juillet 2026 à 7h47. Vous pouvez la réécouter sur cette page du site d'Ici Limousin.
Amandine Barascut, présidente du Comité citoyen pour une information indépendante à Saint-Yrieix la Perche, annonce que des taux d'arsenic hors-normes ont été mesurés autour d'anciennes mines d'or du sud de la Haute-Vienne. Invitée ce jeudi matin d'ICI Limousin après avoir révélé ces résultats d'analyses mercredi soir lors d'une réunion publique à Saint-Yrieix.
Selon l'étude, l'eau prélevée ces dernières semaines dans des rivières, des ruisseaux et des puits chez des particuliers aux abords d'anciennes sites miniers a mesuré des quantités d'arsenic de 270 voire 300 microgrammes par litre (µg/L) alors que la norme pour une eau potable est à 10 µg/L.
Une commission de suivi de l'après-mines et un moratoire d'exploration ?
C'est encore pire sur le site des Farges : où les minerais des alentours étaient amenés et transformés, et qui est en liquidation judiciaire : au point de rejet, l'eau présente une concentration de 3.300 Mg/litre au point de rejet dans la rivière Isle. Des prélèvements ont aussi été menés chez des particuliers.
"L'arsenic est un cancérogène avéré pour l'homme" a rappelé Amandine Barascut, dont le collectif créé en avril 2025 a mené ces analyses après les permis d'exploration miniers autorisés dans le secteur.
"On s'est très vite dit qu'avant de parler du futur il fallait connaître notre passé et qu'il fallait à tout prix enquêter sur ce passé minier à Saint-Yriex" a-t-elle expliqué, précisant qu'elle souhaite désormais "qu'il y ait une étude sanitaire et environnementale conduite par les services de l'État. C'est une étude de grande ampleur qui viendrait mesurer l'impact sur la population et sur l'environnement de cette activité minière passée. Une telle étude n'a jamais été menée sur notre territoire" a-t-elle indiqué car "sans cette étude, il est impossible d'être serein".
"La concession que demandera la compagnie canadienne qui a obtenu ce permis de recherche, vraisemblablement, cette concession sera demandée entre fin 2029 et fin 2031. Donc on est sur un avenir qui arrive très vite" a encore indiqué Amandine Barrascut.
Armés de ces chiffres, le comité va redemander au préfet une commission de suivi de l'après-mines, comme il en existe pour l'uranium dans le nord Haute-Vienne** et aussi un moratoire sur l'exploitation minière, alors que la compagnie des mines arédienne est en pleine exploration dans tout le pays de Saint-Yrieix.
