Saint-Yrieix-la-Perche : un collectif opposé aux mines réalise ses propres prélèvements d'eau pour montrer la présence d'arsenic.
Article de G.BELLAVOINE dans le Populaire du Centre du 23/06/2026.
Le Comité citoyen pour une information indépendante a supervisé une campagne de prélèvement d’eau ces derniers jours pour cartographier la pollution à l'arsenic dans le territoire de Saint-Yrieix-la-Perche.
Dans les puits, les étangs, les ruisseaux, les sources... Ce sont près de quarante prélvements d'eau qui ont été réalisés pendant trois jours, la semaine dernière, à l'initiative du Comité citoyen pour une information indépendante. L'objectif ? Mesurer la présence de l'arsenic chez les parti-culiers mais aussi aux abords des anciennes mines à Saint-Yrieix-la-Perche et dans les environs.
« Nous n'avons pas la prétention de nous substituer à l'étude scientifique qui devrait être menée par les agences de l'eau dans les années à venir (notre édition de vendredi) mais notre volonté est de ne pas attendre pour mobiliser la population et les élus et montrer que l'arsenic est partout sur le territoire », explique Amandine Barascut, porte-parole du collectif.
En effectuant des prélèvements dans un cours d'eau épargné, ces citoyens veulent démontrer l'héritage néfaste des mines. En toile de fond, les habitants comptent peser sur le débat d'un possible retour de l'exploitation minière dans le sud de la Haute-Vienne. « Ce qui nous inquiète, c'est de vivre dans un environnement dégradé », confie Jean-Pierre Chéreau, un riverain de l'ancienne mine d'or de Laurieras, à Saint-Yrieix-la-Perche.
Comme les autres habitants volontaires, il a ouvert sa propriété à un technicien et financé pour partie les prélèvements et les analyses de l'eau. « Cela représente tout de même un budget total de 1.500 euros. Sur les conseils de l'agence de l'eau Adour-Garonne, nous travaillons avec le laboratoire départemental de la Dordogne », mentionne Amandine Barascut.
De son côté, la Compagnie des mines arédiennes a lancé une étude hydrogéologique au prin temps dernier, pour établir un état des lieux de la ressource, signe que l'eau sera un enjeu majeur dans le débat sur la réouverture des mines. « Une étude déjà décrédibilisée puisque le laboratoire lyonnais qui s'en occupe, Aqterra alliance, se positionne clairement pour l'industrie extractive en France », remarque à ce propos Amandine Barascut. Alors que d'autres prélèvements citoyens sont prévus à l'automne, les premiers résultats pourraient être connus dès début juillet.
Interview de Chris Taylor
L'eau, « un mensonge permanent »
Le Comité citoyen pour une information indépendante a souhaité réagir à l'interview de Chris Taylor, PDG d'Aquitaine Metals, publiée dans le Populaire du Centre. ll émet des doutes notamment sur la consommation en eau de la future mine, qui pourrait être limitée selon les tenants du projet grâce à des progrès technologiques.
« C'est le mensonge permanent des compagnies minières, qui savent bien que la question de l'accès à la ressource en eau est le facteur limitant de leurs projets. En ce qui concerne les besoins en eau de la mine d'Échassières (le projet de mine de lithium dans l'Allier), la compagnie minière avait annoncé une consommation annuelle de 600.000 mètres cubes annuels, prélevés dans la rivière voisine, mais avait omis de mentionner qu'il allait falloir pomper (et dégager) près de 300 000 mètres cubes par an pour vider l'eau des galeries... »

