Héritage du passé minier
Les sites miniers du district de St-Yrieix n'ont pas été exploités en continue, mais par périodes :
- par les gaulois, 400 ans avant notre ère
- au début du XXe siècle
- plus récemment, de 1992 à 2002
Pour voir les détails de ces différentes périodes et des photos des sites, nous vous recommandons vivement de lire ce dossier publié en 2018 par l'ENS et le laboratoire de géologie de Lyon. Vous y verrez notamment des vues aériennes avant et après la réhabilitation des sites.
Réhabilitation des anciens sites miniers
La réhabilitation des sites pour les rendre le plus proche possible de leur état initial est maintenant une obligation légale en France. Cela passe par :
- le démantellement des installations
- le comblement des mines à ciel ouvert ou leur transformation en plans d'eau
- la végétalisation des stériles (monticules de déchets miniers)
- le traitement des eaux
Le traitement des eaux
Les eaux de mine incluent :
- Les eaux d'exhaure (eaux souterraines pompées pour assécher les mines).
- Les eaux de surface (ruissellement, lacs).
- Les eaux de procédé (utilisées pour le traitement du minerai, l'abattage des poussières ou la flottation).
Ces eaux doivent souvent être traitées avant rejet ou réutilisation, car elles peuvent contenir des métaux lourds, des particules fines ou des produits chimiques utilisés lors de l'extraction. Dans notre région, elles contiennent notamment beaucoup d'arsenic.
La société Orano (ex COGEMA) gère la surveillance et le traitement des eaux sur les anciens sites miniers détaillés ci-dessous :
Site et commune(s) |
Exploitation |
Type de mine |
or extrait / |
|---|---|---|---|
Lauriéras | 1986 à 2001 |
sous-terrainne et ciel ouvert |
13.9 t / 937 000 t |
Moulin de Chény | 1996 à 2001 |
sous-terraine |
2.7 t / 205 000 t |
Cros Gallet | 1981 à 1995 |
sous-terrainne et ciel ouvert |
8.7 t / 728 500 t |
Chacun de ces sites dispose d'une station de collecte et de traitement des eaux recueillant notamment les eaux de noyage des travaux miniers.
La surveillance des sites est régie par des arrêtés préfectoraux. Elle comprend une surveillance des eaux de surface et des eaux issues du traitement.
Les résultats sont communiqués à la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL).
Voici quelques photos de la station du site de Lauriéras :
Le problème de l'arsenic
Concentration et contamination de l'eau
La roche autour de St-Yrieix est naturellement riche en arsenic.
Lors de l'exploitation des mines :
- l'extraction du minerai a remonté beaucoup d'arsenic en surface
- le broyage du minerai a ensuite libéré en partie cet arsenic.
- Les traitements chimiques ont concentré l'arsenic dans les résidus miniers.
- enfin la pluie et le ruissellement ont disséminé l'arsenic dans les eaux environnantes.
Malgré les stations de traitement des eaux, la concentration en arsenic dans les eaux reste malheureusement bien supérieure à la norme autorisée à de nombreux endroits.
Le risque sanitaire
Le centre de lutte contre le cancer Léon Bérard précise sur cette page que :
L’arsenic et ses composés inorganiques sont classés cancérogènes avérés pour l’homme par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) depuis 1980. L'exposition à l’arsenic par inhalation ou ingestion d’eau contaminée est à l’origine de cancers du poumon, de la peau et de la vessie .
L'EFSA (Autorité Européenne de sécurité des aliments) confirme les risques de l'arsenic pour la santé sur cette page.
Pour voir comment limiter votre exposition à l'arsenic et quel est le suivi médical en cas d’une intoxication chronique par l’arsenic, cf. cette page de la HAS (Haute Autorité de Santé).
